La côte amalfitaine est la destination italienne la plus contraignante sur le plan logistique, et c'est ce que la plupart des voyageurs découvrent trop tard. Depuis Montréal, il n'existe aucun vol direct vers Naples. Il faut passer par Rome, puis compter un train et un transfert, soit une journée complète de porte à porte. Sur place, la voiture est un handicap, pas un atout, à cause de routes en corniche étroites et d'un stationnement quasi inexistant. La côte se visite en quatre à six jours, depuis une base unique, entre avril et octobre.
Dans cet article vous découvrirez comment y accéder réellement, quel village choisir, pourquoi la voiture est une erreur et ce qui est surestimé.
Pourquoi la côte amalfitaine
C'est le spectaculaire à l'état pur. Des villages verticaux accrochés à des falaises, des citronniers en terrasses, une mer d'un bleu qui ne se photographie pas correctement. Aucune autre côte méditerranéenne n'a cette verticalité.
Ce qu'elle n'est pas, et il faut le dire avant que vous réserviez. Ce n'est pas une destination reposante. C'est une côte où l'on monte et descend des escaliers en permanence, où les transports sont lents et bondés en saison, où les plages sont petites, souvent en galets, et payantes.
Ce n'est pas une destination pour les personnes à mobilité réduite, ni pour les familles avec poussette. Positano est essentiellement un escalier géant.
Qui accepte ces contraintes trouve l'un des plus beaux endroits du monde. Qui les ignore passe une semaine frustrante.
Y aller depuis le Québec
Le point critique, il n'y a pas de vol direct.
Depuis Montréal, les vols directs vers l'Italie desservent Rome, Milan et Venise. Naples n'est pas desservie sans correspondance.
Deux options.
- Via Rome. Vol direct Montréal-Fiumicino, environ sept heures et demie, puis train Rome-Naples, environ une heure et dix minutes en train à grande vitesse, puis un transfert vers la côte, une à deux heures selon le village. C'est la voie la plus simple.
- Avec correspondance européenne vers Naples, souvent plus longue au total.
Comptez une journée complète de porte à porte. Ne prévoyez rien le jour de l'arrivée, et surtout pas d'arriver le soir, les transferts nocturnes sur la côte sont pénibles.
Le décalage. Six heures d'avance. Combiné au transfert, les deux premiers jours sont peu productifs.
Ne louez pas de voiture
C'est le conseil le plus important de cette page.
La route en corniche, la Strada Statale 163, est une route étroite, sinueuse, taillée dans la falaise, avec des virages en épingle et des autobus qui la remontent en sens inverse. En haute saison, elle est saturée.
Le stationnement est quasi inexistant dans les villages, et là où il existe, il est très cher.
Les alternatives fonctionnent mieux.
- Le ferry. De loin le meilleur moyen. Il relie Salerne, Amalfi, Positano, Sorrente et Capri. Rapide, agréable, et vous voyez la côte depuis la mer, ce qui est la seule bonne perspective. Il ne fonctionne toutefois que d'avril à octobre environ.
- Le bus SITA. Économique, mais bondé en saison, avec des attentes.
- Le transfert privé. Coûteux, mais efficace pour l'arrivée et le départ avec des bagages.
Si vous louez tout de même une voiture ailleurs en Italie, sachez que le permis de conduire international est exigé en complément du permis québécois, et qu'il s'obtient auprès de CAA-Québec avant le départ.
Quel village choisir
Le choix de la base compte plus ici que dans n'importe quelle autre région italienne, parce que se déplacer est lent.
Amalfi. Le meilleur choix pratique. C'est le nœud des ferries et des bus, la ville est plate en son centre, et elle est moins chère que Positano. Sa cathédrale est superbe.
Ravello. Perchée en hauteur, plus calme, avec des jardins et des vues incomparables. Idéale pour les couples. Moins pratique pour les déplacements, il faut redescendre.
Positano. La plus photogénique et la plus chère. C'est aussi un escalier géant, du haut du village jusqu'à la plage. Superbe, mais physiquement exigeante.
Praiano. Entre Amalfi et Positano, plus calme, meilleur rapport qualité-prix. Bon compromis.
Sorrente. Techniquement hors de la côte amalfitaine, mais bien reliée, plus plate, plus abordable, et pratique pour Capri et Pompéi. Un bon choix pour un premier séjour.
Évitez Positano comme base si vous voyagez avec de grosses valises ou si la marche vous pèse.
Que voir, et ce qui est surestimé
À faire absolument
- Un trajet en ferry entre Amalfi et Positano. La côte depuis la mer, c'est la vraie perspective.
- Ravello, ses villas et ses jardins suspendus.
- La cathédrale d'Amalfi et son escalier monumental.
- Pompéi, à environ une heure. Site majeur, prévoyez une demi-journée à une journée. Il n'y a presque pas d'ombre, venez tôt.
- Le sentier des Dieux, une randonnée en corniche entre Bomerano et Nocelle. La plus belle marche de la région.
Ce qui déçoit souvent
- Capri en excursion d'une journée en haute saison. Bondée, chère, et vous ne verrez que la foule. Capri se révèle quand les excursionnistes sont repartis, donc en y dormant.
- Les plages. Petites, souvent en galets, et largement occupées par des établissements payants. Ce n'est pas une destination de plage.
- Le limoncello des boutiques à touristes. Sucré et industriel.
Combien de jours
Quatre jours. Le minimum. Deux ou trois villages, plus Pompéi.
Cinq à sept jours. Le bon format. Vous ajoutez Capri en y dormant, une randonnée, et surtout du temps mort.
Plus d'une semaine. Combinez avec Naples, ou avec Rome en amont, ce qui est l'itinéraire le plus naturel puisque vous y atterrissez de toute façon.
Quand y aller
| Période | Météo | Affluence | Note pour un Québécois |
|---|---|---|---|
| Mars, relâche | Fraîche | Faible | Beaucoup d'établissements fermés, pas de ferry |
| Fin avril à juin | Douce, mer encore fraîche | Croissante | La meilleure fenêtre |
| Juillet et août | Chaude | Maximale | Vacances de la construction, donc pire moment. Route saturée, prix au sommet |
| Septembre à début octobre | Douce, mer chaude | En baisse | Le meilleur mois, sans doute |
| Novembre à mars | Fraîche, pluvieuse | Très faible | La côte hiberne. Ferries à l'arrêt, hôtels fermés |
Le point critique. La côte amalfitaine ferme en basse saison. Ferries à l'arrêt, hôtels et restaurants fermés. Venir en janvier, c'est trouver un décor magnifique et une région morte.
Septembre est probablement le meilleur mois. La mer est chaude, la foule est repartie, les prix redescendent.
Le budget
La côte amalfitaine se situe en haut du marché italien, avec le lac de Côme.
- L'hébergement. Le poste dominant. L'écart entre Positano et Praiano ou Amalfi est considérable pour une expérience très proche.
- Les transferts. Poste sous-estimé. Un transfert privé depuis Naples coûte cher, et vous en aurez besoin au moins à l'arrivée et au départ.
- Les ferries. Abordables et efficaces.
- Les plages. Les établissements de plage sont payants, parfois cher, pour un transat et un parasol.
- La restauration. Chère avec vue, raisonnable dans les rues intérieures.
Se marier sur la côte amalfitaine
La côte amalfitaine est une destination de mariage spectaculaire, et la plus contraignante logistiquement de toute l'Italie.
Il faut être honnête sur ce point. Faire venir des invités sur la côte suppose des transferts longs, des routes étroites, et des navettes coûteuses entre l'église, la réception et les hôtels. Ce poste est systématiquement sous-estimé dans les budgets.
Un chiffre à connaître. Le volume de recherche pour un mariage sur la côte amalfitaine reste très faible dans le marché francophone, loin derrière le lac de Côme et la Toscane. La destination existe, mais elle est moins demandée que sa réputation ne le laisse croire.
Pour un mariage catholique, la règle italienne s'applique. L'accord du curé de l'église de célébration doit précéder toute réservation de lieu de réception. Le dossier canonique se prépare dans votre paroisse d'origine et transite par deux chancelleries diocésaines. Douze mois minimum.
Un couple québécois doit savoir que le Canada n'émet pas l'équivalent européen du nulla osta, et que la légalisation en préfecture italienne reste exigée.
Les démarches figurent dans se marier à l'église catholique en Italie et les pièces dans les documents pour un mariage religieux à l'étranger.
Pour faire le point avant d'engager des frais, prenez contact.
Les erreurs à éviter
- Louer une voiture. Route en corniche étroite, stationnement quasi inexistant, circulation saturée en saison.
- Choisir Positano comme base avec de grosses valises. C'est un escalier géant.
- Venir en basse saison. Les ferries s'arrêtent, une grande partie de la côte ferme.
- Prévoir une activité le jour de l'arrivée. C'est une journée complète de porte à porte depuis Montréal.
- Visiter Capri en excursion d'une journée en été. Vous ne verrez que la foule.
- Venir pour la plage. Ce n'est pas une destination balnéaire.
- Sous-estimer les transferts. Le poste le plus souvent oublié du budget.
Conclusion
La côte amalfitaine est superbe et exigeante, dans cet ordre. Le voyageur qui l'accepte est récompensé. Celui qui l'imagine comme une riviera reposante repart déçu.
Pas de voiture, une base unique à Amalfi ou Praiano, des ferries, et une saison entre avril et octobre. Et prévoyez une journée entière pour y arriver depuis Montréal.
Pour les autres régions, voyez Rome et le lac de Côme, ou l'ensemble des destinations.
Questions fréquentes
- Comment aller sur la côte amalfitaine depuis Montréal ?
- Il n'y a pas de vol direct vers Naples. Le trajet le plus simple passe par un vol direct Montréal-Rome, environ sept heures et demie, puis un train Rome-Naples d'environ une heure et dix minutes, puis un transfert d'une à deux heures vers la côte. Comptez une journée complète de porte à porte.
- Faut-il louer une voiture sur la côte amalfitaine ?
- Non. La route en corniche est étroite, sinueuse et saturée en saison, et le stationnement est quasi inexistant dans les villages. Le ferry est le meilleur moyen de circuler, d'avril à octobre. Le bus SITA est économique mais bondé. Un transfert privé reste utile pour l'arrivée et le départ avec des bagages.
- Quel village choisir sur la côte amalfitaine ?
- Amalfi pour la praticité, c'est le nœud des ferries et des bus. Ravello pour le calme et les vues, mais elle est perchée. Positano pour la beauté, mais c'est un escalier géant et la plus chère. Praiano offre le meilleur compromis. Sorrente, techniquement hors de la côte, est plus plate et plus abordable.
- Quelle est la meilleure période pour la côte amalfitaine ?
- Septembre et début octobre, sans doute. La mer est chaude, la foule est repartie et les prix redescendent. Fin avril à juin constitue l'autre bonne fenêtre. La côte ferme largement de novembre à mars, ferries à l'arrêt et hôtels fermés. Juillet et août concentrent chaleur, foules et prix maximaux.




