La Toscane se visite en voiture, sur huit à dix jours, avec une seule base plutôt que six hôtels. C'est la contrainte qui détermine tout le reste. Depuis Montréal, il n'existe aucun vol direct vers Florence ni vers Pise. Il faut passer par Rome ou par Milan, puis prendre le train, ce qui ajoute une demi-journée. Le permis de conduire international est exigé en Italie en complément du permis québécois, et il s'obtient avant le départ. La meilleure période va de fin avril à juin, puis de septembre à début octobre.
Dans cet article vous découvrirez comment y accéder réellement depuis le Québec, où vous baser, ce qui vaut le détour et ce qui est surestimé.
Pourquoi la Toscane
C'est la région italienne la plus reposante, et c'est précisément sa valeur. Là où Rome épuise et où Venise oppresse, la Toscane laisse respirer.
Elle offre trois choses à la fois, ce qui est rare. Une ville d'art de premier rang avec Florence. Une campagne d'une beauté qui n'a rien d'exagéré, collines, cyprès, vignobles. Et une gastronomie qui se pratique partout, pas seulement dans les adresses réputées.
Ce qu'elle n'est pas. La Toscane n'est pas une destination balnéaire, malgré sa côte. Elle n'est pas non plus adaptée à un séjour sans voiture, sauf si vous vous limitez à Florence.
Y aller depuis le Québec
Le point critique, il n'y a pas de vol direct.
Depuis Montréal, les vols directs vers l'Italie desservent Rome, Milan et Venise. Ni Florence, ni Pise. Vous avez donc trois options.
- Via Rome. Vol direct Montréal-Fiumicino, environ sept heures et demie, puis train Rome-Florence, environ une heure et demie en train à grande vitesse. C'est la voie la plus simple.
- Via Milan. Vol direct Montréal-Malpensa, puis train Milan-Florence, environ deux heures.
- Avec correspondance européenne. Vers Florence ou Pise, mais avec une escale, souvent plus longue au total.
Comptez une demi-journée supplémentaire par rapport à un vol direct. Ne planifiez rien d'exigeant le jour de l'arrivée.
Le décalage. Six heures d'avance. Combiné au transfert, la première journée est perdue. Prévoyez-la comme telle plutôt que de la gâcher en essayant de visiter Florence.
La voiture. Louez-la à Florence ou à Pise, pas à Rome, sinon vous conduisez inutilement pendant trois heures.
Le permis de conduire international
C'est le piège le plus fréquent pour les Québécois, et il se découvre souvent au comptoir de location.
Le permis de conduire international est exigé en Italie en complément de votre permis québécois. Il ne le remplace pas, il l'accompagne. Vous devez présenter les deux.
Il s'obtient auprès de CAA-Québec, avant le départ. La démarche est simple mais elle prend du temps, et le document ne peut pas être obtenu depuis l'Italie.
Un loueur peut refuser le véhicule, et en cas de contrôle policier, l'absence du permis international expose à une amende. Ce n'est pas une formalité théorique.
Quand y aller
| Période | Météo | Affluence | Note pour un Québécois |
|---|---|---|---|
| Mars, relâche | Fraîche, pluvieuse | Faible | Économique, mais campagne encore nue |
| Fin avril à juin | Douce, campagne verte | Élevée | La meilleure fenêtre |
| Juillet et août | Chaude, sèche | Maximale | Vacances de la construction, donc pire moment. Fermetures autour du 15 août |
| Septembre à début octobre | Douce, vendanges | En baisse | Excellent. Peut-être le meilleur mois |
| Novembre à février | Fraîche, brumeuse | Très faible | Beaucoup d'agriturismos fermés |
Septembre mérite une mention particulière. C'est la période des vendanges, la campagne est encore chaude, la lumière est superbe, et la foule est repartie. Si votre calendrier le permet, c'est le meilleur moment.
Où se baser
L'erreur classique consiste à changer d'hôtel tous les deux jours. La Toscane est petite, tout se fait en excursion depuis une base unique.
Le Chianti, entre Florence et Sienne. La base la plus centrale, entourée de vignobles. Idéale pour un premier séjour.
Les environs de Sienne. Plus au sud, plus proche du Val d'Orcia, la campagne des cartes postales.
Florence même. Si vous ne conduisez pas. Vous vous privez de la campagne, mais vous accédez à tout en train.
Lucques. Sous-estimée, agréable, bien placée pour Pise et la côte.
Évitez de vous baser à San Gimignano, joli mais saturé de touristes en journée.
Que voir, et ce qui est surestimé
À faire absolument
- Florence, une à deux journées pleines. La galerie des Offices et l'Accademia se réservent à l'avance.
- Sienne, sa place en coquille et sa cathédrale, souvent préférée à Florence par ceux qui y passent du temps.
- Le Val d'Orcia, la campagne de collines et de cyprès. Se conduit plus qu'il ne se visite.
- Une dégustation dans le Chianti, dans un domaine, pas dans un bar à touristes.
- Lucques, avec ses remparts qu'on parcourt à vélo.
Ce qui déçoit souvent
- La tour de Pise. Une tour penchée, une esplanade, des centaines de personnes prenant la même photo. Une heure suffit largement, et ce n'est pas un détour à faire exprès.
- San Gimignano en journée. Superbe le soir, insupportable à midi.
Le conseil qui change tout. La Toscane se vit en conduisant sans destination précise. Les routes secondaires du Val d'Orcia, en fin d'après-midi, valent n'importe quel musée.
Combien de jours
Cinq jours. Le minimum. Florence, Sienne, et deux journées de campagne.
Huit à dix jours. Le bon format. Vous ajoutez Lucques, le Val d'Orcia sans vous presser, et vous vous accordez des journées où vous ne faites rien.
Deux semaines. Vous pouvez combiner avec l'Ombrie, Assise et Pérouse.
Le budget
La Toscane offre un éventail très large, du petit agriturismo au domaine d'exception.
- L'hébergement. Un agriturismo dans la campagne coûte souvent moins cher qu'un hôtel à Florence, tout en offrant davantage. C'est le meilleur rapport qualité-prix de la région.
- La voiture. Poste incontournable, avec la location, l'essence et les péages autoroutiers. Ajoutez le permis international.
- La restauration. Excellent rapport qualité-prix dès qu'on quitte les places de Florence.
- Les musées de Florence. Les Offices et l'Accademia se réservent à l'avance et s'additionnent.
Le change joue ici comme ailleurs. Une carte sans frais de conversion se rentabilise vite.
Se marier en Toscane
La Toscane est la destination de mariage italienne la plus recherchée du marché francophone, avec le lac de Côme.
Pour un mariage catholique, la contrainte principale est la même que partout en Italie. L'accord du curé de l'église de célébration doit être obtenu avant toute réservation de lieu de réception. L'inverse est l'erreur la plus coûteuse du dossier.
Le dossier canonique se constitue dans la paroisse de votre domicile, puis transite par la chancellerie de votre diocèse et par la curie du diocèse toscan concerné. Douze mois minimum.
Un couple québécois doit également savoir que le Canada n'émet pas l'équivalent européen du nulla osta, et que la légalisation en préfecture italienne reste exigée, contrairement aux ressortissants de l'Union européenne.
Les démarches complètes figurent dans se marier à l'église catholique en Italie et les pièces dans les documents pour un mariage religieux à l'étranger.
Pour faire le point sur votre situation avant d'engager des frais, prenez contact.
Les erreurs à éviter
- Oublier le permis de conduire international. Le loueur peut refuser le véhicule.
- Changer d'hôtel tous les deux jours. La région se fait en excursions depuis une base.
- Louer la voiture à Rome. Trois heures de route inutiles.
- Entrer en voiture dans le centre de Florence ou de Sienne. Zones à trafic limité, amendes automatiques par caméra, souvent reçues des mois plus tard.
- Réserver les Offices sur place. File considérable.
- Voir la Toscane en trois jours. Vous passerez votre temps sur l'autoroute.
Conclusion
La Toscane récompense la lenteur, et punit sévèrement ceux qui la traitent comme une liste de villages à cocher.
Une base, une voiture, un permis international obtenu avant le départ, et des journées où l'on conduit sans plan. Le reste suit.
Pour les autres régions, voyez Rome et Venise, ou l'ensemble des destinations.
Questions fréquentes
- Y a-t-il un vol direct de Montréal à Florence ?
- Non. Depuis Montréal, les vols directs vers l'Italie desservent Rome, Milan et Venise. Pour la Toscane, il faut passer par Rome ou Milan puis prendre le train, environ une heure et demie depuis Rome et deux heures depuis Milan. Comptez une demi-journée supplémentaire par rapport à un vol direct.
- Faut-il un permis de conduire international en Toscane ?
- Oui. Le permis de conduire international est exigé en Italie en complément du permis québécois, qu'il ne remplace pas. Il s'obtient auprès de CAA-Québec avant le départ et ne peut être obtenu depuis l'Italie. Un loueur peut refuser le véhicule, et un contrôle policier expose à une amende.
- Combien de jours prévoir en Toscane ?
- Cinq jours au minimum, huit à dix pour un séjour confortable. La région se visite en excursions depuis une base unique, dans le Chianti ou près de Sienne. Changer d'hôtel tous les deux jours transforme le voyage en logistique. Deux semaines permettent d'ajouter l'Ombrie et Assise.
- Quel est le meilleur mois pour aller en Toscane ?
- Septembre, souvent. C'est la période des vendanges, la campagne est encore chaude, la lumière est superbe et la foule estivale est repartie. Fin avril à juin constitue l'autre bonne fenêtre. Juillet et août concentrent la chaleur, les foules et des fermetures autour du 15 août.




